L’anorexie mentale est une pathologie complexe qui mêle intimement détresse psychique, distorsion du schéma corporel et anxiété généralisée. Face à ce trouble, un suivi médical et nutritionnel rigoureux est une obligation vitale. Cependant, pour guérir durablement, il faut aussi réapprendre à habiter ce corps abîmé.
Dans ma pratique, je constate quotidiennement que la sophrologie ne se substitue pas aux soins fondamentaux (nutritionnels, psychiatriques, psychologiques), mais s’y intègre comme une thérapie de support complémentaire et essentielle.
Si vous cherchez un accompagnement adapté pour votre enfant ou pour vous-même, je vous invite à découvrir ci-dessous ma démarche.
Le double regard : Quand l’éducatrice spécialisée nourrit la sophrologie
Mon parcours d’éducatrice spécialisée libérale est le fondement même de mon regard et de mon approche dans mes accompagnements à Vannes.
Là où la sophrologie apporte des outils corporels précieux, mon expérience d’éducatrice formée à l’approche systémique (que vous pouvez découvrir sur ma page À propos) m’apporte une compréhension fine des dynamiques relationnelles, du quotidien des jeunes et des systèmes familiaux souvent bouleversés par la maladie.
Ce double regard me permet :
- Une lecture systémique du trouble : Je n’accompagne pas seulement un symptôme, j’accompagne un jeune dans sa globalité, avec sa famille, son environnement et son histoire.
- Une posture d’alliance éducative : Je tisse une relation de confiance horizontale, indispensable avec des adolescents souvent lassés par les cadres purement cliniques.
- Une adaptation au réel : Mon passé de terrain me pousse à proposer des outils directement applicables dans la vraie vie (à la maison, au lycée, face à l’assiette), là où la maladie dicte ses lois.
1. Réconcilier l’adolescent avec son corps et son schéma corporel
L’anorexie crée une fracture nette : d’un côté, un mental hyper-contrôlant ; de l’autre, un corps perçu comme un ennemi à dompter. Les adolescents que j’accompagne souffrent souvent d’une dysmorphophobie sévère (une vision déformée de leur propre image).
Pour comprendre cette coupure, on peut penser aux travaux du neuropsychiatre Paul Schilder sur l’image du corps, qui expliquait que notre schéma corporel n’est pas qu’une donnée biologique, mais une construction psychologique en perpétuelle évolution. Dans les TCA (Troubles des Conduites Alimentaires), cette construction est brisée.
Redécouvrir le corps ressenti par la Relaxation Dynamique
Pour y remédier, j’utilise la Relaxation Dynamique 1. Ce concept clé, développé par le fondateur de la sophrologie, le Dr Alfonso Caycedo, propose une perception du corps par le mouvement doux associé à la respiration.
En séance, je guide l’adolescent pour qu’il expérimente ses mouvements de manière neutre et progressive. En bougeant, en ressentant l’air entrer et sortir, il reprend conscience de son volume et de ses limites réelles, sans le filtre déformant du miroir. Mon objectif est de réduire la dissociation et le déni de la réalité corporelle.
Décoder les signaux intérieurs sans jugement
Je les aide également à se reconnecter aux sensations physiques internes : la faim, la satiété, le plaisir ou même la douleur. Apprendre à accueillir ces signaux sans jugement est une étape cruciale pour sortir de l’hypercontrôle.
2. Apaiser l’anxiété liée aux TCA et briser le cercle du perfectionnisme
Le quotidien d’un jeune touché par les TCA est rythmé par un niveau de stress permanent, un perfectionnisme aigu et un besoin viscéral de tout maîtriser. Chaque repas peut devenir une source d’angoisse majeure.
Le psychologue Albert Ellis, dont les concepts sont fondamentaux lorsqu’on cherche à pratiquer la thérapie comportementale émotive-rationnelle, a souvent mis en avant à quel point les exigences perfectionnistes (« je dois être parfait(e) ») génèrent une anxiété destructrice.
La détente physique pour désamorcer les crises
En apaisant directement le système nerveux par des exercices de respiration et de relâchement musculaire, je propose à mes patients un espace de lâcher-prise bienfaisant. Cela permet de réduire l’urgence et l’intensité des pulsions ou des rituels restrictifs qui emprisonnent leur quotidien.
Activer le positif pour contrer la dévalorisation
J’utilise beaucoup les évocations positives ciblées (la « vivance » positive). J’aide le patient à stimuler ses ressources internes et à renforcer le positif vécu, même s’il semble minime. Cela crée un cercle vertueux indispensable pour lutter contre la culpabilité et la dévalorisation constante que la maladie impose à leur esprit.
3. Renforcer l’estime de soi et se projeter au-delà de la maladie
L’anorexie grignote l’identité. Les jeunes finissent souvent par se définir uniquement à travers leur trouble. Ils oublient qui ils sont au-delà de la balance. C’est un concept qui fait écho aux théories de Carl Rogers sur l’acceptation inconditionnelle de soi : pour guérir, le patient doit retrouver sa valeur intrinsèque.
- La projection positive : En cabinet, nous voyageons dans le temps. J’utilise des techniques d’évocations positives pour aider le jeune à se projeter sereinement dans l’avenir, dans une vie où la maladie n’occupe plus toute la place.
- Les valeurs et capacités : Je l’accompagne pour qu’il reconnaisse ses propres capacités et ses valeurs existentielles, essentielles pour s’autoriser à guérir et retrouver une autonomie perdue.
Une prise en charge pluridisciplinaire des TCA dans le Morbihan
On ne guérit pas des TCA de manière isolée. C’est une certitude thérapeutique. C’est pourquoi je suis profondément investie dans un groupe de travail sur les TCA dans le Morbihan aux côtés d’autres experts : médecins, psychiatres, psychologues, diététiciennes et professionnels en Activité Physique Adaptée (APA).
Je travaille en étroite collaboration avec ces professionnels, car notre force réside dans notre complémentarité :
- Soutenir les objectifs médicaux : Mon approche sophrologique s’adapte toujours au rythme du patient. Elle vient en soutien direct du travail de l’équipe, par exemple en préparant le jeune à l’anticipation sereine des repas ou en l’aidant à gérer la tempête émotionnelle post-crise.
- Une posture éthique et ajustée : Face à la complexité des TCA, j’adopte une posture bienveillante, douce et sur-mesure. Mon but ultime est de transmettre au jeune des outils concrets pour qu’il devienne pleinement autonome face aux défis du quotidien.
Conclusion : Restaurer l’unité de l’être
Au fil des séances au cabinet de Vannes, quand je perçois le regard d’un jeune s’adoucir face à son propre reflet, je me rappelle pourquoi ce double alignement – corporel par la sophrologie, et social par l’accompagnement éducatif – est si essentiel.
La sophrologie offre bien plus qu’une simple formule de relaxation : elle est un outil puissant pour restaurer l’unité de l’être, à la fois corporelle et psychique. En offrant un chemin vers la réconciliation avec soi-même, elle pose la condition sine qua non pour que le patient puisse enfin s’engager pleinement, avec confiance et courage, sur la voie de la guérison.
Prendre rendez-vous au cabinet à Vannes
En tant que parents, si vous souhaitez échanger sur la situation de votre adolescent, poser des questions sur ma pratique ou initier un suivi personnalisé en complément de son parcours de soins, vous pouvez directement prendre RDV via ma page de contact.
