Pourquoi nos relations nous épuisent-elles ?
La plupart d’entre nous cherchons naturellement un responsable quand une relation devient douloureuse. Nous, ou l’autre. La thérapie systémique propose une tout autre perspective : ce n’est pas une personne qui est en cause, c’est la dynamique entre les personnes.
Une famille, un couple, un groupe de travail ne sont pas de simples additions d’individus. Ce sont des systèmes vivants, dotés de règles propres — souvent invisibles, souvent non dites — qui orientent les comportements de chacun à son insu.
C’est précisément ce que Mony Elkaïm, l’une des figures majeures de la thérapie systémique, a mis en lumière tout au long de son œuvre : nous ne sommes pas seulement des individus qui agissons librement. Nous sommes aussi les acteurs d’une pièce dont nous n’avons pas choisi le scénario.
Les schémas qui se répètent : le paradoxe du changement
Vous avez peut-être déjà vécu cette expérience troublante : vous voulez sincèrement que les choses changent dans votre relation — avec votre partenaire, vos parents, vos enfants — et pourtant, malgré vos efforts, vous vous retrouvez au même point.
La thérapie systémique explique ce phénomène par ce qu’Elkaïm appelle le paradoxe du changement. Chaque système relationnel obéit à deux logiques simultanées :
- Un programme officiel — ce que tout le monde dit vouloir : plus de sérénité, moins de conflits, davantage de communication.
- Une règle sous-jacente — ce que le système cherche à préserver à tout prix, souvent de façon inconsciente : un équilibre fragile, une identité commune, parfois même une souffrance partagée qui soude le groupe.
Ces deux logiques s’affrontent en silence. C’est souvent ce conflit invisible qui explique pourquoi le changement, même désiré, n’arrive pas.
La double contrainte : quand les messages se contredisent
Parmi les concepts fondateurs de la thérapie systémique, la double contrainte est l’un des plus éclairants pour comprendre la souffrance relationnelle.
Elle désigne ces situations où deux messages contradictoires sont envoyés simultanément, sans qu’il soit possible d’en satisfaire un sans violer l’autre. Le célèbre titre d’Elkaïm, Si tu m’aimes, ne m’aime pas, en est l’expression la plus directe.
Ces injonctions paradoxales se glissent partout : dans la relation de couple (« Sois proche de moi, mais ne m’étouffe pas »), dans la relation parent-enfant (« Sois autonome, mais ne t’éloigne pas »), au travail ou en famille. Elles créent une tension chronique, souvent vécue comme une fatigue inexplicable ou un sentiment d’impasse.
Ce que la thérapie systémique change concrètement
L’approche systémique ne cherche pas à désigner un coupable ni à remonter indéfiniment dans le passé. Elle pose une question différente, et selon moi, plus libératrice : comment cette relation fonctionne-t-elle aujourd’hui ?
Inspirée de l’école de Palo Alto, ma pratique s’appuie sur l’observation de la « danse » relationnelle — ces micro-interactions qui, répétées, finissent par figer les rôles et les souffrances.
En séance, nous travaillons à :
- Nommer ce qui ne se dit pas — identifier les règles implicites du système et les rendre visibles
- Utiliser la résonance — ce que nous ressentons ensemble en séance est souvent le reflet direct de ce qui se joue dans votre quotidien, et devient une information thérapeutique précieuse
- Agir par le petit pas — modifier une seule interaction suffit parfois à inviter tout le système à se réorganiser
Ce dernier point est essentiel : la thérapie systémique n’exige pas de tout transformer d’un coup. Un changement modeste, bien ciblé, peut créer une onde de transformation bien plus large.
Pour qui la thérapie systémique est-elle indiquée ?
Elle s’adresse à toute personne qui souffre dans ses relations et souhaite comprendre ce qui se joue — sans attendre que « l’autre » change en premier.
Elle est particulièrement adaptée aux situations suivantes :
- Conflits répétitifs en couple ou en famille
- Sentiment d’être incompris ou enfermé dans un rôle
- Difficultés à poser des limites
- Souffrance liée à des relations épuisantes ou toxiques
- Désir de sortir d’une impasse sans savoir par où commencer
Elle peut se vivre en individuel — pour comprendre sa propre part dans les dynamiques relationnelles — ou en couple et en famille, lorsque plusieurs personnes souhaitent travailler ensemble.
Envie d’en savoir plus ?
Je suis Isabelle Bourges, intervenante systémique et sophrologue, en cabinet à Vannes et en visioconférence partout en France. Mon approche s’appuie sur les travaux de Mony Elkaïm et l’école de Palo Alto pour vous aider à retrouver de la fluidité dans vos relations.
